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vendredi 28 mars 2014

FEMMES FORTES TM

Au départ c'était simple : les femmes sont cantonnées à des rôles de faiblesse, de passivité, d'accessoire, de tremplins émotionnels pour le Héros, forcément masculin, forcément bité.
Se débarrasser de ça réclamait donc qu'on ait des FEMMES FORTES© qui soient FORTES avec des flingues et des biscotos, qui arrachent la gueule du méchant avec les dents et le transportent sur l'épaule avant d'aller tabasser le mec qui leur faisait du plat au début du film, usant du corps démembré de leur ennemi comme un fléau.

Très vite, j'imagine, on s'est rendu compte que des personnages interdits d'avoir des failles ou des faiblesses n'étaient pas très intéressants. Critiques formulée envers Superman, mais également dans le trope du Gary Stue ou de la Mary Sue, personnages parfaits et donc désagréables.

Enfin, je dis "très vite" mais il semble que la révélation ne fut que tardive. Ce n'est que récemment que des tonnes de gens se sont retrouvés à brandir haut et fort leur conviction que les FEMMES FORTES© n'étaient pas la solution à tous les problèmes de représentation féminine.

Et là on nous dit que l'important ce n'est pas d'avoir des personnages féminins actifs et puissants, voire violents, mais bien d'avoir des personnages féminins bien développés.
Et que ce qui nous manquerait c'est de la variété, plus que de la puissance.
Et bien sûr, nombre d'écrivains auto-satisfaits ont pu se gorger de leur talent en se demandant à voix haute "comment se fait-il que j'écrive d'aussi bons personnages féminins ? Hmmm... A vrai dire, je ne fais rien de spécial, je suis tellement génial que tous mes personnages sont bien développés, et donc mon oeuvre est automatiquement féministe."
I always feel like the wrong person to be asked when I get asked that question because people say, ‘Well how do you write such good female characters?’ And I go, ‘Well I write people.’ Approximately half of the people I know are female and they’re cool, and they’re interesting, and so, why wouldn’t I?
Ou George R. R. Martin


On peut ajouter Tarantino et Joss Whedon à la liste, histoire de rigoler, mais étant donné que j'ai pas vu leurs CHEFS D'OEUVRE DE LA MORT je ne peux en aucun cas juger de leurs autres oeuvres, voyons. Redonnons la parole aux femmes :
Kate Beaton, auteure des fameux "strong female characters strips".
I think the major problem here is that women were clamoring for “strong female characters,” and male writers misunderstood.  They thought the feminists meant [Strong Female] Characters.  The feminists meant [Strong Characters], Female.
I want [female characters] to be allowed to be weak and strong and happy and sad – human, basically. The fallacy in Hollywood is that if you’re making a ‘feminist’ story, the woman kicks ass and wins. That’s not feminist, that’s macho. A movie about a weak, vulnerable woman can be feminist if it shows a real person that we can empathize with. 
Rebecca Hall
“There’s been a sort of trend for awhile of people writing strong women as women who are morally right, which is so uninteresting. It’s no fun and frankly it’s a massive disservice to womankind. It boxes us in to making these sort of slightly dull, virtuous choices… We need to be villains too. We need to be messy and sloppy and three-dimensional and complicated, and that’s writing a strong woman.”

Deux thèses.
La première, tout le monde est d'accord : avoir dix personnages de femmes qui se battent (action !), tuent des types (misandrie !), et tirent au shotgun dans des costumes moulants de cuir (sex-positive!) ça ne va pas révolutionner le média, notamment parce que c'est une façade, faite pour être inattaquable plutôt qu'intéressante : 
This Super Strong Female Character is almost like a Mary Sue, except instead of being perfect in every way because she’s a stand-in for the author, she’s perfect in every way so the male audience will want to bang her and so the female audience won’t be able to say, “Tsk tsk, what a weak female character!”  It’s a win-win situation.  (op. cit.)
La seconde thèse, c'est qu'on n'a pas besoin de personnages féminins forts, juste de personnages féminins variés. Appelons cette thèse Women Are People : autrement dit, les personnages féminins n'ont pas besoin d'être écrits de façon particulière (ce qui contredit l'interviewer de GRRM, qui les disait différemment écrites) ou avec un soin spécial, il suffirait de le faire bien.
Ca me semble non seulement fainéant (ça n'engage à absolument aucune réflexion a fortiori) mais naïf.
On aurait besoin d'avoir Jeanne qui rit et Jeanne qui pleure, et pas juste Jeanne-qui-n'a-pas-besoin-d'un-homme-en-harley-Davidson, et la diversité serait le remède :
Let’s see more female characters
that fall down hilariously (like Lucille Ball)
that are arrogant (like Zhang Yiyi in Crouching Tiger, Hidden Dragon)
that are realistic or exuberant villains (like Tilda Swinton in Michael Clayton or Atia from Rome)
that are neurotic (like Elliott from Scrubs)
that are mean or cruel (like Elaine from Seinfeld)
that are vengeful (like The Bride from Kill Bill)
that are forgetful (like Dory from Finding Nemo)
that say the wrong things (like C.J. in The West Wing, often, or, again, Elliott from Scrubs, always)
that are emotionally repressed (like Marge from The Simpsons)
that are nerdy and awkward (like Belle from Beauty and the Beast)
that are crazy (like everyone, male or female, from Neon Genesis Evangelion)
that are insufferable know-it-alls (like Hermione or Lisa Simpson)
that are depressed (I can’t think of one, which is interesting, since women are more likely to be depressed in real life. Who’s the female equivalent of Hamlet? Is there one?) (op. cit.)
Premièrement, ça enjambe tous les autres problèmes : sexualisation des femmes, rôles significativement liés à la maternité ou au couple, histoire entièrement rattachées à celles des héros masculins, et quand une histoire est centré sur une femme, elle parle de sa féminité, alors que les hommes peuvent parler de tout etc.
Tu veux PLUS de femmes atteintes des multiples tares que les stéréotypes ont pu attribuer à leur sexe ? Je vois mal en quoi, intrinséquement, ça serait positif.
Strong just means they have their own goals that move beyond “I want to do whatever the male hero wants to do” or “I want to marry the male hero.”  “I want to have a baby” is moderately better – moderately.  Let’s try to be a little more creative, huh?   (op. cit.)
EFFECTIVEMENT. 
Comme le dit Lindsay Ellis, les femmes sont constamment ramenées à leur maternité :
Disney has never, ever been shy about telling its audience that there are many more types of love than just romantic. Consider Lilo and Stitch, The Fox and the Hound, The Lion King, Robin Hood, Brother Bear, Tarzan, The Black Cauldron…quick, someone stop me before I list three-quarters of all the films Disney has ever made.
Now, quick, make a list for all the major female characters of reproductive age that don’t feature in a romance!
Even Nani from Lilo and Stitch ends up with a love interest. The issue here is not “does Disney push the importance of friendship and family?” – obviously, that’s one of their richest commodities- it’s “are young women allowed to have a story arc without romance being involved?” And the answer to that is usually a resounding no. Hell, even in Brave, Merida’s whole storyline still revolves around her function as a reproductive vessel. This is one of the major sticking points when talking about female characters in the media – once they hit puberty, even if they don’t end up as part of a breeding pair it must at least be addressed.
The problem is not that young female characters have romantic arcs, it’s that’s all there is.
Donc sortir de ces clichés est plus important, beaucoup plus important, il me semble, que de les réactualiser en soulignant "oui mais je l'ai fait bien, regardez, elle a des buts".
Si une femme a pour seul et unique but d'avoir un bébé, peut importe à quel point tu l'écris bien, c'est un personnage qui s'inscrit et prolonge dans des normes de féminité stéréotypées et qui n'apporte pas grand-chose.
La plupart des gens qui propagent ces schémas prétendent néanmoins que ces clichés ne sont pas des chefs d'accusation. Un personnage féminin peut être mère, le problème vient quand il n'est QUE mère. Mais ça me semble étrange.
"Si ton perso féminin est très très bien écrit, ça va, sinon, il tombe dans une case"

Si une femme passe son temps à se faire kidnapper ou violer, ça reste, il me semble, négatif, peu importe la quantité de lyrisme et de réalisme psychologique impliquée, parce que l'action d'un personnage et son influence sur l'histoire sont déterminants quant à quels schémas ça perpétue.
Prenons The Collector de John Fowles, relatant le kidnapping de Miranda Grey par Clegg, raconté suivant leurs deux perspectives, celle du malade kidnappeur et celle de sa victime. Certes, le point de vue de Miranda ajoute beaucoup au livre, mais nonobstant cette description de ses états d'âme et émotions, ça reste une histoire sur une femme qui se fait enlever et [spoiler] qui meurt aux griffes d'un homme. (ma prof d'Anglais du collège tenait vraiment à entamer notre santé d'esprit)

[Le script originel de Frozen] avait à l'origine une méchante Disney bien plus classique : un peu plus en chair, très maniérée, comiquement méchante, colorée. Je suis content qu'on ait évité ce stéréotype de sorcière ("Beh, une femme sûre d'elle et différente ! Au bûcher !") pour passer à la X-Women ("Beh, une femme pas sûre d'elle et différente ! Au bûcher !") […] (Raiponce la Reine des Neiges Rebelles Ou Quoi)

Quand j'ai vu Frozen j'ai été dépité : l'histoire d'Andersen avait bercé mon enfance est était singulière, pour Andersen. Pour une fois, l'héroïne n'était pas punie pour son orgueil, ni ne mourrait. Elle partait à un monde hostile, arracher son ami à une reine, puissante sorcière, rencontrant plusieurs femmes aidantes sur son chemin.
La fille était l'héroïne, le héros le bibelot, l'ennemie une femme redoutée, les auxiliaires tout aussi féminines et bingo ! La relation entre la fille et le garçon était d'amitié, non d'amour ! Grand chelem !

…Disney prend cette histoire et en fait l'histoire de deux filles orphelines qui galèrent complètement, sans contrôle sur des pouvoirs magiques, leur royaume, ou leurs histoires d'amour, deux love interest pour Anna, et elle se trouvent menacées ou aidées par des hommes en tous points de l'histoire.
Thomas Cadène dit que le film était féministe car les hommes n'étaient que des utilités ou des nuisances.
Sauf que nuisance et utilité sont les deux facettes de la puissance.
Et que la puissance est associée aux hommes de façon dramatiquement courante.

On ne peut pas juste enjamber ça.
Et reste que Frozen, quoique centré sur la relation entre les deux soeurs ne montre pas d'interactions intéressantes entre les deux.

Women Are People est une manière très simple de botter en touche et d'imaginer que le contexte et les clichés n'ont plus aucune importance, puisqu'il suffirait de donner des motivations, des désirs et une histoire à une femme – ce qu'on fait pour tout personnage – et pouf, son personnage recevrait le stampel FEMINIST APPROVED STRONG WOMAN automatiquement.


Deuxièmement, un personnage "bien écrit" est le critère le plus arbitraire du monde et une bonne manière de frimer. Dire "il suffit qu'un personnage féminin soit bien écrit" en pointant une de ses propres oeuvres, ça s'appelle juste se faire mousser.
Je pense n'avoir pas besoin de développer (haha) ce point. Vous voulez démonter un film ? Vous ne l'aimez pas ?
Enumérez simplement les scènes contenant des informations sur un personnage, puis prétendez qu'elles sont paresseuses, qu'il aurait fallu les montrer de façon plus visuelles ou moins explicites, ou pire, dîtes simplement "ce n'est pas du développement de personnage, ça !" on vous acclamera.
Comment, tout ce qu'on découvre de Jean Valjean, c'est qu'il a une famille à nourrir ! Mais qu'est-ce que c'est que ce pater familias éhonté, cliché d'une ère patriarcale oppressive ? Il use de violence en plus, pour voler ce pain ! Terrible ! Aucun développement ! Clichés !

Troisièmement, écrire un personnage féminin comme un personnage masculin pose encore problème.
J'ai vu récemment Captain America : The Winter Soldier, qui fait intervenir, en plus du superhéros etatsunien, Black Widow, ex-agente secrète russe, femme fatale du tonnerre.
Bien sûr, tout le monde a pu démontrer que ce film était de la merde oppressive, parce qu'elle avait les cheveux lisses sur les posters et la bouche entrouverte, mais si on prenait la précaution inutile de regarder le film, on pouvait se dire qu'elle avait sa place dans le film et sauvait des gens et tout, cependant Cap avait le beau rôle (dans son propre film il fallait s'y attendre).
Et si on échange les rôles ? On aura quand même beaucoup de problèmes inédits.
Par exemple, Cap et le Winter Soldier ont de beaux moments de combats qui tendant à la danse ou à l'accouplement, dans sa chorégraphie, sa tension, sa sueur, etc. A un moment, Cap enserre le vilain soviétique de ses jambes depuis son dos et, collé contre lui, l'étrangle jusqu'à ce qu'il perde conscience.
Que Black Widow le fasse et paf, on aura quelqu'un pour critiquer, qu'encore une fois, elle est ramenée à son corps d'espion sexy, et reduite à un corps, qu'elle doit forcément être sensuelle pour être forte, etc.
Mais si Black Widow s'était limitée à la mitraille, on critiquera que le corps à corps reste l'apanage des hommes, que c'est triste qu'on ne montre pas l'étalage de sa force physique.
Quand on colle des corps, on est conditionnés pour y voir un truc sexuel (sans spoiler, certaines scènes le ship Cap/Winter Soldier a de beaux jours devant lui)
Certains films y échappent. Quand on mate Raze, je n'ai pas pensé un seul instant à du cul, alors que c'est des femmes qui se bastonnent, très durement. Mais il est certain qu'intervertir Cap et BW aurait fait jaser.

Comme je le disais dans cette BD, rien que représenter un personnage en train d'en soigner un autre est problématique :
  1. Une femme soignée par un homme : "Oh ! Encore une femme sauvée par un homme ! Une vraie Damsel in Distress !"
  2. Un homme soigné par une femme : "Oh ! Encore une femme cantonnée à un rôle de soignante maternelle et douce ! Le repos du guerrier, hein !"
  3. Un homme soigné par un homme : "Oh ! T'as raté le Bechdel test !"
  4. Une femme soignée par une femme : "Oh ! Le putain de fanservice, le gros male gaze, le pervers qui veut juste représenter des nichons !"
Dans un monde innocent, la représentation de seins, d'hommes, de femmes, de soignants, ne poserait pas problèmes.
Mais j'ai l'impression qu'ici, quelle que soit l'option choisie, on pourra m'en faire reproche. Et j'aimerais bien représenter une scène de soin sans avoir à me flageller pour l'eau que j'apporte au moulin du patriarcat.
(et on ne parle même pas de la représentation binaire du genre que je perpétue ici)

Quatrièmement, ça fait dépendre le verdict moral porté sur une œuvre (son rôle dans la perpétuation de nos stéréotypes de genre) de critères esthétiques. Tout le monde n'est pas Gaiman ou Martin, tout le monde ne sait pas écrire super bien, développer des personnages, aguicher des lecteurs. Tout le monde n'écrit pas de personnages fabuleusement bien décrits.
Admettons-le. La société dont on émerge a quadrillés le monde de multiples rôles, et il est très facile dès lors, au moindre glissement de glisser dans l'une ou l'autre case.
C'est extrêmement difficile d'en sortir, particulièrement pour les hommes, parce qu'ils n'ont pratiquement aucun intérêt à s'y appliquer, mais aussi pour les femmes et à mesure qu'elles investissent les médias narratifs, elles se confrontent à ce problème.
Tout le monde a taclé The Hobbit 2 parce que Tauriel, qu'on nous promettait introduite pour de bonnes raisons, avait en fait une idylle avec un des nains.
We DO need criticism of female characters but we also need support
And you can’t give real criticism if you’re blinded by your biases, if a character trait you’d love on a male character is a dealbreaker for a female one
If a character is never JUST a love interest or JUST there for sex appeal as a man, then spend a few minutes thinking about it before you put that label on a female character (why is Tauriel JUST a love interest for Kili instead of Kili being JUST a love interest for her?)
Accept that you’re coming from a place of bias too and figure out what those are.

Quelqu'un lui répond :
Can’t support things when there’s nothing there worth supporting. Pretending oppression doesn’t exist doesn’t make it vanish. Pretending something is “okay” or “progress” when it’s not doesn’t make it okay. That is why we are where we are today—people apologizing away the fact that women are treated as props for male characters and objects of consumption for male consumers.
Side note: I love that at this point critical evaluation, subject and referring to decades of rigorously debated theoretical construction, counts as ‘bias’. “Your ignorance is not equal to my expertise,” and all that.
You REALLY think that there’s NOTHING to support? About ANY of these characters?
What makes a character “okay” then? Do they have to be written by women (two out of three of the writers on The Hobbit are female), never fall in love with or interact with men (Mako Mori must be JUST a love interest), be always strong and empowered, have none of their body shape visible (JUST a pair of tits), be good (because clearly her character must represent all women everywhere) but not TOO good (Mary Sue!!)
We all were born into a society that hates women. It would be ridiculous to think that that doesn’t affect women and their thoughts/actions too. It’s called internalized misogyny, and that’s what I’m referring to as “bias.”

Je crois que nous sommes parvenus au coeur du problème. Pourquoi de plus en plus de femmes pour dire qu'elles ne veulent plus de FEMMES FORTES© ? Parce que c'est chiant et que c'est impossible de faire des histoires avec.
Lindsay Ellis a pris la défense de Frozen dans un long article, qui répondait à un autre long article.
Lindsay Ellis, Noelle Stevenson et Kate Beaton ont le point commun d'être des femmes et de raconter des histoires, et sans doute voient-elles que maintenir les personnages féminins à des standards de pureté et de vertu mirifiques et faire dépendre de leur dépiction le salut de l'humanité n'est pas la meilleure méthode pour faire de bonnes histoires.
A l'avenir, de plus en plus de femmes vont pénétrer ces médias, elles auront envie de raconter des histoires réalistes, alors oui, elles feront beaucoup des erreurs qui ont été reprochées aux hommes. Mais nous avons fait tellement d'erreurs, les répétant tellement, qu'il est difficile d'être original.

Certes, nous manquons d'histoires de femmes occupant le devant de la scène narrative et nous manquons de variété, mais nous manquons également de femmes actives, malgré tous les films d'action se dotant d'une lutteuse pour l'affiche.
La critique des FEMMES FORTES© reste à mes yeux une sorte d'arme supplémentaire sur laquelle on pourrait toujours compter pour foutre dans la gueule des personnages féminins. Si une femme a le malheur de tomber dans l'un des 5660959 tropes qui sont objectivement dégradants pour les femmes, on analysera dans cette direction. Si elle ne l'a pas ? Alors nous soupirerons "encore une FEMME FORTE©, NOUS NE SOMMES PAS DUPES, HOLLYWOOD, nous voyons clair dans ton jeu !" sans analyse plus poussée.

Conclusion

Je n'ai aucune légitimité pour rien. Contrairement à Gaiman ou Martin je n'ai même pas de bonnes histoires pour m'appuyer, donc je ne prends pas position pour l'heure, j'ai juste essayé de vocaliser tour à tour ce qui me semblent deux postures narratives, que je vois ici et là. J'essaie d'apprendre.
Je ne veux en aucun cas qu'on arrête de critiquer des films à mort. C'est très bien, et ça nous rend conscient de certaines répétitions.
Par contre, au vu des discours sus-cités, j'aimerais vraiment qu'on arrête de dire que c'est facile de faire de bonnes histoires sous cet angle.
Si on doit se battre par articles de 100'000 mots interposés juste pour définir si "film x est plutôt bien" vs. "film x est une abomination sexiste" c'est que c'est loin d'être évident. Bien sûr, dans les espaces de parole, le plus radical tend à l'emporter, parce que tout le monde joue à qui aura la vue la plus perçante, qui se fera moins berner. Alors on retweet, on reblogue, on ne veut pas passer pour le complice idiot et accoutumé au sexisme, tout de même.
Ecrit comme ça j'ai l'air de dénoncer un vil complot, mais je pense que c'est pour le mieux, que le désir de pureté gagne en publicité.

L'art reste difficile, et presque dix fois plus en gardant tout ça en tête.
Accuser tout ce qu'on trouve d'être sexiste ou pire d'être du "faux-féminisme" en inventant au fur et à mesure des critères de plus en plus élevés a au moins l'avantage de développer l'imagination (je suis persuadé que Lindsay Ellis et x pourraient se répondre des pavés de 50'000 pages pour l'éternité) mais je doute qu'un bon manuel d'écriture en sorte, quand que ce soit.







Un jour, on parlera du Bechdel Test, mais j'attends que Lindsay Ellis se lance d'abord et je relaierai simplement son article, parce qu'il sera probablement parfait.


P.S. : Bref, c'est la centralité des personnages féminins qui semble plus importante que leur variété ou leur puissance ?

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- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.