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mardi 21 mai 2013

Le patriarcat ma tuer


Dès que j'essaie de faire des histoires exemptes de discriminations j'aboutis à n'importe quoi.
Je dis pas du tout que je suis opprimé par la bien-pensance féminazie des méchants égalitaristes, le lutin égalitariste n'est qu'un avatar de ma mauvaise conscience à représenter des chevaliers qui se tapent dessus sans souci de faire progresser les luttes sociales.


Dans le cadre de cette BD, ça me parait exemplaire : j'ai une scène de blessure au torse, et quelqu'un qui panse le blessé. La relation soignant/soigné est une fort vecteur de pouvoir, et donc influe beaucoup sur la perception de la scène. Le dialogue va avec, tout est super, mais ce serait pas un peu sexiste ?
Admettons que je puisse interchanger les personnages à volonté. Nos options sont :

  1. Une femme soignée par un homme : "Oh ! Encore une femme sauvée par un homme ! Une vraie Damsel in Distress !"
  2. Un homme soigné par une femme : "Oh ! Encore une femme cantonnée à un rôle de soignante maternelle et douce ! Le repos du guerrier, hein !"
  3. Un homme soigné par un homme : "Oh ! T'as raté le Bechdel test !"
  4. Une femme soignée par une femme : "Oh ! Le putain de fanservice, le gros male gaze, le pervers qui veut juste représenter des nichons !"


Dans un monde innocent, la représentation de seins, d'hommes, de femmes, de soignants, ne poserait pas problèmes.
Mais j'ai l'impression qu'ici, quelle que soit l'option choisie, on pourra m'en faire reproche. Et j'aimerais bien représenter une scène de soin sans avoir à me flageller pour l'eau que j'apporte au moulin du patriarcat.

Au final, j'ai modifié la scène. La plupart du temps j'outrepasse simplement, et je laisse l'histoire se dérouler, ce qui aboutit à des résultats catastrophiques sur les rapports genrés, comme le passé l'a montré, pardon. (discours de Guerre, qui était destiné à Trovojki mais je me dis que ç'aurait carrément été pire)


Le problème, je pense, c'est que dans une certaine mesure, tous les rapports sociaux sont entachés par le patriarcat, même ceux qui ne relèvent pas d'une relation homme/femme. Ainsi cette féministe radicale qui prétend que toute pénétration vaginale est un viol, puisqu'au fond les femmes, consentant ou pas, ne font qu'admettre leur oppression. Mais plus encore elle disait que la pénétration serait en soi maléfique, quel que soit le degré d'assentiment de l'individu pénétré :
Whenever I offer a critique of the power imbalance inherent in straight sex in a patriarchy, somebody invariably tries to tell me it’s because I’m not straight and therefore I must find straight sex “revolting” so I am not “qualified.” Well, Miss Straighty-Straight, even dykes can draw conclusions based on overwhelming evidence. My personal preference is not the point. Whether you personally find dudesex enjoyable is not the point. The point is that — in a patriarchy — heterosex is tainted by, you know, patriarchy. So is gaysex, for that matter.
Une preuve ? On la déprécie dans nos insultes à travers la figure du sodomite passif : "enculé" ou même "je t'encule". Cette dernière est révélatrice : ce n'est pas la sodomie qui est dépréciée mais le fait d'être pénétré.
Par conséquent, cette féministe concluait que même les hommes homosexuels étaient soumis à ces catégories mentales : en se pénétrant avec leurs pénis, ils perpétuaient des schémas de domination patriarcaux. Seules les lesbiennes (comme l'auteure de l'article #coïncidence) sortent sans tache du vilain schéma de domination.
Le raisonnement étant :

1) On vit dans un régime patriarcal, les hommes sont supérieurs aux femmes.
2) La pénétration n'est donc pas innocente, elle est axée sur cette domination. Le pénétrant > le pénétré.
3) La pénétration, en régime patriarcal, est donc toujours mauvaise.
4) Bien entendu, il faut donc une révolution, avant d'avoir le droit de pénétrer des gens.



Alors que je dirais que ce qui est mauvais c'est de prétendre le pénétré inférieur au pénétrant (notamment par l'insulte), et la femme inférieure à l'homme. Pas la pénétration en soi, mais son instrumentalisation pour salir quelqu'un et le prétendre infâme.
En attendant, si il faut attendre la fin du patriarcat pour faire des BDs ou pour mettre mon pénis dans des gens, je vais avoir de la peine.


1 commentaire:

  1. c'est une question de point de vue. La pénétration est un acte de domination, ok, si on veut.

    Mais n'atons jamais parler d'acte de possession? Je veux dire, un peut comme une main qui attrape quelque chose et ne le lâche plus. Une main capable de serré très fort et à volonté, sans besoins d'aucun stimuli?

    J'ai entendu parler d'une sorte de "peur de la noyade", des hommes qui ont le sentiment d'être engloutie par le sexe opposé et d'y être étouffé (mais c'est rare)... d'autant plus, que si la femme souffre de vaginisme en plein milieux d'un rapport, l'homme peut morflé et sévèrement... Certains hommes se sont retrouver avec le sexe fracturé (sorte de déchirure de je ne sais quelle plus tissus) à cause d'un rapport trop violent alors que leurs partenaire n'avais pratiquement rien senti (juste un "crac" sec provenant de leurs bat ventre... aucune douleurs pour madame)...

    Bref, si le sexe masculin est une lance, peut-on dire que le sexe féminin est un piège à loup? Une sorte de mâchoire infernal?

    Prendre, attraper, enserré, ne pas lâcher prise, dominé par le dévorage... un peut comme une louve qui ne lâche plus ça proie... n'est-ce pas un acte de domination version féminin?

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"As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
Ce que tu veux m'apprendre, est-ce quelque chose de bien ?
Est-il utile que tu m'apprennes cela ?
Dans le cas contraire, pourquoi tiendrais-tu à me le dire ?"
- une poétesse victorienne moraliste, à peu près.